Notre lettre 1174 publiée le 12 mars 2025
RETOUR À QUIMPER
SIX MOIS APRÈS LA TEMPÊTE...
MGR DOGNIN ET LE CHANOINE QUEINNEC
RÉCOLTENT CE QU'ILS ONT SEMÉ
ET SI MGR DOGNIN
PAR CHARITÉ ET BON SENS
FAISAIT REVENIR
LA FRATERNITÉ SAINT-PIERRE
À QUIMPER ?
Ce n'était pourtant pas faute de prévenir. Mais aujourd'hui à Quimper, d'évidence, le diocèse n'arrive pas à assurer la messe traditionnelle aux fidèles après avoir cassé ce qui fonctionnait et chassé la Fraternité Saint-Pierre. En plus, le diocèse se débat dans des problèmes inextricables, et notamment localement la santé financière de la paroisse – obligée de faire un certain nombre de travaux sur un patrimoine longtemps délaissé, ou la possibilité de faire vivre tous les clochers.
Le nouveau curé Christian Bernard a rétabli la messe anticipée du samedi soir à sainte-Bernadette – une chapelle à l'ouest du centre-ville, coincée dans une ruelle entre un stade et la route de Pont l'Abbé, et essaie d'aller dans les villages – là au moins où l'église est en état. Mais, par conséquence, il n'a guère le temps de célébrer la messe traditionnelle à Saint-Matthieu. De plus, la plupart des célébrants requis par le diocèse ont jeté l'éponge – eux aussi ont des paroisses et des tas de clochers à faire vivre. De ça aussi des fidéles avaient prévenu leur pasteur.
« Si vous avez des prêtres amis qui savent célébrer cette messe » : l'appel pathétique du chanoine Queinnec
Mais le diocèse doit pourtant sauver l'apparence... et le tiroir-caisse. Les vacances d'été arrivent, et avec elles les estivants parisiens aux bourses bien garnies. Les sermons bien plats du chanoine Queinnec, ne suffisent plus, pas plus que ses grands airs en ornements anciens et dentelles – qu'il a pourtant l'air d'apprécier ; une vocation ratée ? - alors qu'il continue à se tromper et à faire des omissions pendant la messe.
Il faut pourtant emplir les caisses, coûte que coûte ! Alors, le 2 mars il a demandé aux paroissiens de faire appel à leurs connaissances pour qu'ils célèbrent « cette messe » pendant les vacances. Heureusement que nombreux sont les prêtres traditionnels à être originaires du Finistère... et qui sont souvent en ministère très loin d'un diocèse qui n'est pas le dernier à pleurer sur le manque de vocations, pour tenir la géographie ecclésiastique, mais qui s'avère incapable depuis des décennies de soigner celles qu'il a sur place.
La Fraternité Saint Pie X se rapproche de Quimper
Pendant ce temps-là, patiente, comme la charité dans la lecture du dimanche de la Quinquagésime, la FSSPX a fini par trouver un nouveau lieu pour célébrer la liturgie traditionnelle plus près de Quimper que Lannédern. Des paroissiens ont prêté leur chapelle du XVIIe, à moins de quinze kilomètres de la ville de saint Corentin.
La FSSPX va y transférer ses messes mensuelles prévues à Lannédern hors saison, et pour l'été, elle aussi va faire appel aux prêtres issus du Finistère qui retournent dans leur patrie pour se reposer – il y en a.
A la FSSPX, pas de risque de voir des sermons plats ou des prières omises au bas de l'autel ou la célébration traitée par dessus la jambe – ça attire des fidèles, et le risque qu'il y ait moins de sous dans le panier de la quête à Quimper inquiète le diocèse. Mais là encore, avant de s'en étonner, il eût fallu ne pas casser ce qui marchait, brutaliser les fidèles et ignorer toutes leurs demandes !
Et si le diocèse, par bon sens et charité, rappelait la Fraternité Saint-Pierre à Quimper ?
Six mois après, l'affaire de Quimper apparaît comme au premier jour – un grand moment de cléricalisme. « Même si nos prêtres avaient rampé au plafond , ils aurait été chassés quand même », résume un fidèle proche de la FSSP six mois après leur éviction. Face aux ratés qui s'amoncèlent, à la messe traitée par dessus la jambe, aux fidèles maltraités, le diocèse de Quimper oppose un silence obstiné, et le chanoine Queinnec regarde ses souliers. Il y a de quoi.
Commencé dans la plus grande improvisation après le fait du prince, le bricolage du diocèse de Quimper s'est effondré tel un château de cartes sous les assauts de la réalité. Et pas que pour la messe traditionnelle diocésaine. Le chanoine Queinnec est, comme nous l'écrivions dans notre lettre 1120 en octobre dernier, pas seulement le célébrant quasi-hebdomadaire de la messe traditionnelle diocésaine à Saint-Matthieu – d'autant plus « enchaîné » à sa messe diocésaine qu'il écarte tous ceux qui paraissent mieux la maîtriser que lui, mais aussi un chancelier de Bretagne en charge, en théorie, de la lutte contre les abus présents ou anciens dans les cinq diocèses de Bretagne historique, la Vendée, l'Anjou et les deux diocèses du Maine (Laval et le Mans). Mais cet immense ressort laisse pourtant le chanoine Queinnec curieusement assez oisif pour se trouver chargé d'une messe traditionnelle. C'est que le silence règne...
Face à l'omerta cléricale, les pierres crient et les murs s'expriment
... Ou régnait plutôt, car récemment des tags dénonçant les viols au lycée lassalien du Likes, et assimilant cet établissement à Bétharram – le collège congréganiste entre Lourdes et Pau où près de 150 anciens élèves dénoncent violences et abus de l'après-guerre au début des années 2000 – ont fleuri sur une église désaffectée près de la gare et aux abords immédiats de l'évêché, presque à l'angle de la place de la Tour d'Auvergne. Et puis le Télégramme a publié le 26 février dernier aussi le témoignage d'un ancien élève d'un collège religieux du Relecq-Kerhuon, près de Brest, élevé dans la terreur.
Au Likes il s'agit d'abus et de violences commis par un frère alcoolique et violent sur ses élèves pendant les cours de travaux manuels qu'il animait ; il est décédé en 2020 à la maison de retraite des lassaliens près de Vannes, tout confort, avec un grand parc et une chapelle moderne – l'ancienne ne sert guère plus et est fermée, et a été enterré dans leur caveau au cimetière communal de Saint-Avé.
Ce frère au sujet duquel le provincial des frères lassaliens, Jean-René Gentric, disait « n'avoir jamais été interpellé ». Mais dont les palmarès d'époque montrent qu'il a enseigné dans les mêmes classes que lui en 1976-79 alors qu'il était encore laïc ; puis il est devenu frère, enseignant, directeur et enfin provincial des lassaliens. Le voilà chargé de protéger l'institution et les abuseurs, pas les victimes. Le frère Lucien Roudaut est mort, donc. Mais les treize victimes qui ont témoigné en 2021 – et combien d'autres encore dans l'ombre et le silence – sont brisées pour leur vie durant, elles.
Aujourd'hui, les lassaliens se taisent. A Bordeaux, Saint-Vincent de Bagnères, au collège d'Estaimpuis en Belgique, au Likes et ailleurs, il y a tant à cacher. Le chanoine Queinnec lui aussi se tait. Entre les établissements jadis tenus par les frères de Ploërmel, ceux des frères de saint-Gabriel, les lassaliens, les anciens petits séminaires... il y a tant à maintenir dans l'ombre, là et dans les autres diocèses de la province ecclésiastique de Rennes.
Trop pour un seul homme ? Mais jusque là les murs étaient blancs, et le peuple muet. Désormais, ils illustrent une autre parole : « si eux se taisent, les pierres crieront ». Face à l'illusion cléricale du maintien de l'omerta, les murs s'expriment, et la réalité rappelle à petits coups, patiemment, tous les jours, au chanoine Queinnec et aux autres, qu'il est vain d'ériger des châteaux de sable pour arrêter la marée, qu'il est vain d'opposer le silence à la vérité, qu'il est vain d'opposer l'omerta aux victimes d'hier, d'aujourd'hui et de demain.