Notre lettre 1177 publiée le 19 mars 2025
À RAMBOUILLET
DANS LE DIOCÈSE DE VERSAILLES
LA MESSE TRADITIONNELLE MENSUELLE
ATTIRE DE PLUS EN PLUS DE FIDÈLES
Depuis 2008, les fidèles de Rambouillet (Yvelines et diocèse de Versailles) désireux de vivre leur foi catholique au rythme de la liturgie traditionnelle se sont vus accorder une messe dominicale mensuelle dans l'Eglise saint-Lubin. Malheureusement, 17 ans après cette "première étape" et malgré la réalité de leur groupe ils n'ont pas encore réussi à bénéficier d'un élargissement dominical de cette "générosité" malgré le fait que le nombre de fidèles préférant cette liturgie est en pleine expansion.
La preuve en est l'affluence de la communauté historique de Saint-Martin-de-Bréthencourt, à 20 km au sud, aux confins de l'Essonne et des Yvelines, dont les deux messes dominicales sont maintenant pleines à craquer particulièrement les dimanches ou l'usus antiquior n'est pas célébré à Rambouillet.
Le cadre paroissial de Rambouillet
La messe tridentine de la paroisse est affichée sur les horaires paroissiaux en ligne et papier, avec le calendrier des célébrations jusqu'en juin. Elle a lieu à l'église historique, Saint-Lubin, et si le fond de la nef est clairsemé, les bras du transept sont pleins – elle draine selon les dimanches entre 120 et 180 personnes au dire du bedeau de la paroisse – pas mal du tout pour une messe mensuelle, pas nécessairement à un horaire familial qui plus est, et immédiatement suivie de la messe NOM paroissiale : Nous avons donc à faire avec des paroissiens bien déterminés dans leur choix liturgique et non des fidèles "de hasard".
Le samedi soir, après la messe anticipée qui rassemble essentiellement des personnes âgées et quelques adolescents, et attire une centaine de personnes, l'un des sacristains et des bénévoles paroissiaux préparent l'autel central pour la messe tridentine, en déposant canon d'autel, chandeliers argentés et croix d'autel La messe tridentine est en effet la suivante, le 2e dimanche à 9h30. C'est le curé qui célèbre, un nouveau curé puisque l'équipe sacerdotale a été renouvelée , et renforcée au 1er septembre 2024. le père de Filiol de Raimond, ordonné en 2000, est « secondé par le père Ménard et deux nouveaux vicaires, le père Jean-Baptiste Bellet et le père Vincent van Geirt, déjà affecté à notre paroisse comme prêtre étudiant depuis trois ans », indique le site du diocèse.
Rambouillet : une ville en pleine croissance
C'est que Rambouillet est une ville – et une paroisse – dynamique. Le canton de la pointe sud des Yvelines ne cesse de gagner de nouveaux habitants qui glissent depuis Paris et Versailles, où le logement devient inaccessible, à la recherche d'une meilleure qualité de vie, de mètres carrés supplémentaires, de verdure et d'un bassin d'emploi dynamique. De fait, il y a aussi de plus en plus de fidèles traditionnels, pour la même messe mensuelle.
Encore une fois la Fraternité Saint Pie X a anticipé
La FSSPX, qui n'ignorait rien de l'importante demande de célébration traditionnelle dans la région de Rambouillet, avait pris les devants en 2011, après moult difficultés. Pour trouver un espace pour s'installer, elle a fini par jeter son dévolu sur un ancien local commercial qu'elle a baptisé chapelle Saint-Hubert, entre les Essarts et le Perray. La messe y est célébrée tous les dimanches de l'année à 8h30 et 10 heures et accueille plus d'une centaine de fidèles chaque semaine.
Mais où vont les fidèles de Rambouillet les autres dimanches ?
Difficile de répondre à cette question. Une partie des fidèles de Rambouillet restent dans leur paroisse mais manifestement les plus nombreux se rendent à Saint-Martin de Bréthencourt, une chapelle desservie par la Fraternité Saint Pierre où les deux messes dominicales sont archipleines particulièrement lorsque la messe selon l'usus antiquior n'est pas célébrée à Rambouillet.
« Saint-Martin de Bréthencourt a doublé pendant le Covid », relève un rambolitain qui prend la route avec sa famille trois dimanches sur quatre, et qui a découvert la messe traditionnelle à Saint-Eugène à Paris. « Toutes les paroisses du coin ont arrêté de célébrer net. Les tradis ont continué. C'était la seule messe accessible à des kilomètres et ici il y a encore pas mal de catholiques pratiquants qui du jour au lendemain se sont retrouvés sans rien, et surtout sans pouvoir communier. Ils ont découvert la Tradition ; ensuite une messe a été ajoutée pour respecter les distances sanitaires, et elle a été conservée. Aujourd'hui les deux sont pleines, les gens sont restés ».
Quelques uns vont plus loin jusque dans les chapelles de Versailles, et même Chartres – un peu plus loin (46 km contre 36), mais plus accessible et rapide, les deux lieux de culte traditionnels sont l'un dans le centre historique (Saint-Aignan, FSSP), l'autre aux abords immédiats de la gare (chapelle des Jubelines, FSSPX).
Trois écoles hors contrat qui attirent des familles
Le dynamisme de la Tradition locale, ce sont aussi les enfants. Rambouillet est le siège, depuis 2002, d'une école hors contrat Jacinthe et François dont l'aumônerie est assurée par la paroisse et la FSSP, , qui comptait 220 enfants en 2022, et d'un collège hors contrat, Don Bosco, fondé en 2006 et qui accueille actuellement 136 d'élèves. Les deux établissements, arrivés à saturation, se sont regroupés en 2021 dans le projet Providence pour augmenter leur capacité et l'école a déménagé près du collège.
Néanmoins, pour parer à la demande, une autre école hors contrat traditionnelle s'est installée au Perray en Yvelines, dans des locaux loués à bail emphytéotique par la mairie et, malgré une campagne de presse de l'opposition, elle a ouvert et comptait 62 élèves en juin 2024. Ces écoles attirent évidemment des familles qui s'installent à proximité.
« Ce serait quand même plus pratique d'avoir la messe à Rambouillet chaque dimanche »
Des écoles, donc des enfants, des familles – nombreuses et catholiques – et toujours une messe dominicale par mois. «On sentait que c'était plutôt compliqué avec l'ancienne équipe paroissiale d'avoir plus », élude un fidèle. Un autre va « toujours à Rambouillet. C'est ma paroisse, et c'est plutôt bien d'alterner. Mais ce serait plus logique d'avoir au moins un dimanche sur deux. Puisqu'on nous parle de communion, ça se fait à égalité, pas au détriment d'une messe ».
« On nous a fait comprendre que comme l'évêque a fait une fleur à Saint-Germain en Laye », ou plutôt s'est trouvé bien obligé d'ouvrir une église à 200 fidèles qui assistaient tous les dimanches à une messe traditionnelle devant une chapelle fermée, par tous les temps, « il n'y aurait rien pour nous », constate une paroissienne dépitée, « même si la demande avait été entendue et comprise ». « Du coup on fait la route vers Saint-Martin de Bréthencourt qui est pleine comme un œuf, et en semaine, c'est quasiment impossible d'aller aux messes – en Ile de France, les routes sont un peu encombrées », constate-t-elle avec humour.
L'église de Saint-Martin de Bréthencourt est aussi un argument, pour un bénévole paroissial, de ne pas donner plus. « C'est une question de communion, et on ne veut pas déstabiliser Saint-Martin de Bréthencourt » où « il y a tellement de monde, que les dimanches où la messe a lieu à Rambouillet, c'est archiplein quand même. On ne voit pas la différence et pourtant il y a effectivement des dizaines de paroissiens qui viennent de Rambouillet », confirme un paroissien de longue date de l'église massive, campée sur un rocher au-dessus du village.
Un père de famille installé à quelques kilomètres de Rambouillet abonde : « les conduites, la route, ce n'est pas simple. Pour y aller en semaine, à Saint-Martin, c'est avant ou après le boulot, sinon c'est compliqué. Il n'y a pas de train direct par exemple – nous sommes sur la ligne de Chartres à Montparnasse, Saint-Martin sur le RER C vers Dourdan. Donc c'est la voiture, la voiture et encore la voiture – y en a assez de la voiture, mais on n'a pas le choix, même pour la messe. Alors le deuxième dimanche, c'est reposant ! »
Un autre paroissien conclut : « Ce serait quand même bien plus simple pour tout le monde si nous avions la messe tous les dimanches à Rambouillet – c'est notre paroisse, on y est bien et c'est quand même un peu curieux, quand on y pense, d'être dans l'obligation de ''s'expatrier'' à vingt bornes trois dimanches sur quatre. Puisqu'on a la chance d'avoir un curé qui célèbre dans les deux rites, nous souhaitons vivre la communion à travers la messe traditionnelle , dans notre église tous les dimanches - messe traditionnelle ou en français, nous rendons grâce au même Seigneur n'est-ce pas ?».